DALF C2 — Réussir l’épreuve écrite
Comment construire un essai argumenté au niveau C2, genre par genre.
Au DALF C2, l’épreuve écrite demande de produire un texte argumenté (700 mots minimum) à partir d’un dossier de documents (~2000 mots), dans un genre imposé : article de presse, éditorial, lettre ouverte, discours, rapport ou manifeste. Voici la méthode que j’utilise avec mes élèves pour structurer cet essai.
1. Le socle commun
Quel que soit le genre imposé, certaines règles ne changent pas :
- Un seul texte, 700 mots minimum, à partir d’un dossier de ~2000 mots.
- Plan : introduction → développement en 2-3 parties → conclusion.
- Une idée = un paragraphe.
- Problématique claire dès l’introduction, développée avec arguments + exemples.
- Mobiliser le dossier sans citer (le reformuler, pas de guillemets).
- Ajouter des apports personnels (connaissances, exemples propres).
- Prendre position clairement, avec un but précis (convaincre, critiquer, alerter…).
- Vocabulaire riche, tournures idiomatiques, registre soutenu.
2. Le style selon le genre
Chaque genre a ses codes. Voici les formules-clés à connaître pour chacun.
Article de presse
Ton en apparence neutre, mais orienté par le choix des faits et leur ordre. S’appuie beaucoup sur des données/exemples concrets du dossier. Peut avoir un titre + chapô.
« Selon les derniers chiffres, [donnée du dossier] — un constat qui interroge [problématique]. »
« À [lieu/contexte], le phénomène prend une ampleur inédite. »
« Reste une question, et non des moindres : [problématique]. »
Éditorial
Engagé dès la première phrase, thèse posée d’emblée, rythme vif, pas de longueurs. C’est le genre où le « je » de l’auteur (ou le « nous » collectif) est le plus assumé.
« Il est temps de le dire clairement : [thèse]. »
« Non, [idée reçue] ne tient plus. »
« Cessons de nous voiler la face : [constat]. »
Lettre ouverte
Adressée à une personne/institution nommée, mais écrite pour être lue par tous. Ton persuasif, solennel, souvent une revendication précise à la fin.
Formule d’appel : « Madame la Ministre, » / « Monsieur le Directeur, »
« Je m’adresse à vous aujourd’hui car [raison]. »
« C’est pourquoi je vous demande de [revendication concrète]. »
Formule de clôture : « Dans l’attente d’une réponse, je vous prie d’agréer, [titre], l’expression de ma haute considération. »
Discours
Oralité marquée : adresse directe à l’auditoire, phrases rythmées, répétitions rhétoriques, formule d’ouverture/clôture propre au discours.
« Mesdames, Messieurs, » / « Chers concitoyens, »
« Nous sommes réunis aujourd’hui pour [objet]. »
Anaphore : « Nous devons agir. Nous devons agir vite. Nous devons agir ensemble. »
« Je vous remercie de votre attention. »
Rapport
Ton neutre et factuel, peu de « je », structure balisée : constat → analyse → recommandations. Vocabulaire technique et précis.
« Ce rapport vise à dresser un état des lieux de [sujet]. »
« Il ressort de l’analyse que [constat]. »
« Il est recommandé de [préconisation 1] ainsi que de [préconisation 2]. »
Manifeste
Militant et affirmatif, phrases courtes et tranchées, souvent des listes de revendications, ton collectif (« nous »).
« Nous, [groupe], affirmons que [thèse]. »
« Il ne s’agit plus de débattre, mais d’agir. »
« Nous exigeons : [liste de revendications]. »
3. Où placer la prise de position ?
Pas dans un seul paragraphe séparé — elle infuse tout le texte.
Le C2 n’est pas construit en deux blocs (« résumé du dossier » puis « mon avis », comme au C1). C’est un texte intégré : la position de l’auteur doit se sentir du début à la fin.
- Introduction : on annonce déjà la thèse/l’angle (pas juste le sujet).
- Chaque partie du développement : l’argument choisi, l’exemple du dossier utilisé, la façon de le formuler — tout est déjà orienté par la position. On ne « raconte » pas un fait neutre puis on donne son avis à côté : le fait est présenté au service de la thèse.
- Conclusion : on réaffirme la position, on la renforce, éventuellement on l’élargit ou on appelle à agir (selon le genre).
Réponse concrète : un peu à chaque fois, jamais un bloc « opinion » isolé.
4. Le squelette avec répartition des mots
Pour ne plus voir 700 mots comme un mur, découpe le texte en blocs :
| Partie |
Mots (repère) |
Contenu |
| Introduction |
~100-120 |
Accroche + contexte (dossier) + annonce de la thèse + annonce du plan |
| Développement 1 |
~200 |
Argument 1 + exemple du dossier + apport perso, déjà orienté |
| Développement 2 |
~200 |
Argument 2 + exemple + apport perso, déjà orienté |
| Développement 3 (si le genre le permet) |
~150 |
Argument 3 / nuance / contre-argument réfuté |
| Conclusion |
~80-100 |
Synthèse + réaffirmation de la position + ouverture ou appel |
Total ≈ 700-730 mots — vu comme 4-5 blocs de 100-200 mots, c’est bien plus gérable qu’un texte d’un seul tenant.